PSYCHOTHERAPIE    THERAPIE BREVE     SANTE AU TRAVAIL

ACCOMPAGNER LA SOUFFRANCE AU TRAVAIL

Dans le contexte du travail, les situations de souffrance sont nombreuses :

  • adaptation difficile au changement (restructuration, licenciement)
  • charge de travail trop lourde
  • violence de l’environnement (management agressif, pression économique, perte de repères, normes inadaptées)
  • agressivité humaine (harcèlement, mésentente, rivalité)
  • accidents de parcours aussi bien sur le trajet qu’en cours de carrière (trajet, erreur)

Il arrive qu’on ne puisse plus « faire face » et qu’au décours d’un évènement, d’une situation, on s’effondre dans un état qui ressemble à une dépression : impossible de penser correctement, de contenir ses émotions, de dormir, d’envisager le futur, impossible d’arrêter la rumination et le flash back en boucle, impossible de se reposer, de se ressourcer, de prendre du recul.

C’est ce qu’on appelle un « état de stress post traumatique» et quelquefois un « burn out » ou un « épuisement au travail », bien que ces termes ne renvoient pas tout à fait aux mêmes entités cliniques. (ESPT) 

Il faut pouvoir se « reconstruire » après ce type d’évènement si éprouvant qu’il dépasse notre capacité d’adaptation. Par ailleurs, ni le repos ni les médicaments n’en viennent à bout. De ce fait, l’arrêt de travail, reconduit quelquefois sur plusieurs mois, pénalise aussi bien l’entreprise  que le salarié et ceci presque en pure perte. 

Or, l’ESPT se traite fort bien avec certaines techniques :

Les unes sont issues de la victimologie (débriefing, defusing, déchocage) et s’utilisent surtout avec les groupes, à l’occasion d’un  sinistre, d’un gros coup (mort d’un collègue, braquage, par exemple)
D’autres trouvent leur origine à partir de plusieurs méthodes thérapeutiques (Gestalt thérapie, Eye Movement Desensitization Reprocessing ou EMDR) qui sont elles-mêmes des synthèses.
D’autres encore s’inscrivent dans la longue tradition de l’hypnose clinique.

Consultations individuelles :

J’utilise le plus souvent le protocole EMDR pour traiter l’état de stress traumatique ou post traumatique au travail. Il reste bref habituellement (quelques séances) et fiable dans la durée. Selon le rapport (2007) de la Haute Autorité de Santé, c’est la méthode qui se montre la plus efficace parmi les thérapies cognitivo comportementales.

 Il opère en deux temps :

- Une phase de stabilisation émotionnelle et de renforcement des ressources qui peut suffire pour restaurer une image positive de soi pour être plus à même de panser et penser ses blessures.

- Une phase de  traitement ou  « désensibilisation » : Il s’agit d’éliminer tout ce qui reste perturbant et dysfonctionnel dans les mémoires traumatiques. Au décours de la désensibilisation, l’énergie libérée peut se réinvestir  dans le présent et relancer une dynamique existentielle ou professionnelle satisfaisante.

 

gestion du stress

DES EXEMPLES CONCRETS :

Deuil au travail (collègues, encadrement)

Pierre: « Trop, c’est trop pour cet homme profondément humain! »

Le contexte : A 43 ans, Pierre est  agent  de maîtrise dans une grande entreprise (matériaux électriques) en cours de restructuration. Il  ne peut plus rien assumer depuis qu’il a retrouvé l’un de ses collègues mort (suicide) dans une décharge publique et qu’un autre collègue vit ses derniers instants à l’hôpital (cancer généralisé). Sans cesse, il revoit des images terribles et s’accuse de n’avoir pas fait ce qu’il fallait.
Après 6 séances d’EMDR il sort de son état de stress post traumatique, retrouve le sommeil et récupère toutes ses capacités perturbées. Il prend alors assez de distance pour intégrer tout ce qui se passe dans son entreprise: changement de direction, changement de rythme et de mentalité, réorganisation des postes … Il peut alors faire le deuil de ses repères précédents et se préparer à affronter la nouveauté. Après deux séances supplémentaires, c’est en homme libre, intègre et debout qu’il reprend le travail et amorce cette nouvelle étape de sa carrière.

Deuil personnel et répercussion sur le travail

Armand : l’angoisse du chef d’entreprise

Le contexte : Après la mort de son frère cadet (erreur médicale à la suite d’un  accident de voiture), celle de son père (atteint d’un cancer «qu’ils auraient pu  diagnostiquer plus tôt ! ») et l’annonce d’un handicap chez sa petite fille (« je ne crois plus personne », il développe une angoisse hypocondriaque et une enquête compulsive de toutes les informations médicales (internet, praticiens connus, amis, famille…). Son travail de chef d’entreprise devient son « refuge » mais il est tellement stressé qu’il ne peut plus faire face.
Il faudra 8 mois (Septembre 2008 – mars 2009) pour  métaboliser ses pertes, abandonner ses angoisses hypocondriaques, puis son stress permanent. Il envisage de se retirer de « cette vie de fou » à 40 ans, après avoir organisé son avenir avec une grande intelligence.

Deuil du travail (fermeture d’entreprise)

Béatrice: rebondir après l’effondrement.

Le contexte : Elle travaille depuis 20 ans dans cette entreprise rachetée par un groupe multinational qui récupère toutes les inventions produites sur les lieux et ferme ensuite l’entreprise en décrétant qu’elle n’est plus assez rentable.
Comme ses collègues administratifs, Béatrice fréquente la cellule d’écoute installée entre avril et novembre. Elle retrouve peu à peu le sommeil, l’appétit, le désir de se relancer. En janvier, ses projets se  réorientent d’une manière inattendue et tout va bien pour elle.

Accidents de travail

Philipe: après l’accident de trajet, une peur (des gros camions)  en cache d’autres

Le contexte : Accident de trajet deux ans auparavant.
En octobre, il consulte sur le conseil de son médecin (psychiatre comportementaliste) pour une phobie des camions sur l’autoroute, qui apparaît après un accident de trajet.
En juin, sa phobie a totalement disparu, ainsi que sa peur de l’autorité, son évitement du conflit, son incapacité à faire face à l’ironie. Il peut maintenant se faire respecter  par les collègues qui l’humiliaient sur son lieu de travail.

Matthieu : il part travailler vers 4h du matin et son véhicule se retrouve dans le canal qui borde la route.

La pensée de sa petite fille lui donne la force de se dégager. Seul, trempé et terriblement choqué, il marche des kilomètres pour trouver du secours. Une séance d’E.M.D.R. lui suffit pour sortir de l’état dissocié où il se trouve depuis une quinzaine de jours.

travail

Agression au travail

Véronique : agression au travail et perte de sens

Le contexte : elle travaille avec passion et engagement depuis plus de 15 ans dans une institution qui accueille des adolescent(e)s en difficulté. Depuis plusieurs semaines, Véronique alerte sa hiérarchie sur le cas d’une jeune fille qui va de plus en plus mal. Et voilà que cette dernière s’en prend à elle : au cours d’un trajet en voiture, elle se met à  l’insulter, à la frapper et tente de l’étrangler.
Quelle peur et quelle injustice!
Dans les jours et semaines qui suivent, l’Etat de Stress Post Traumatique s’installe : elle ne dort plus, perd confiance en elle, ne croit plus à  son travail, convaincue qu’elle n’est plus bonne à rien. Son médecin la met en congé - maladie mais ça ne s’arrange toujours pas au bout de  2 mois. A la médecine du travail, elle entend parler de l’EMDR.
Nous engageons le traitement (3 séances). A la fin de la 3ème semaine, elle dit qu’elle se sent très bien et qu’elle dort comme un bébé, ce qui pour elle est formidable. Elle s’est retrouvée. Evidemment, elle espère que sa hiérarchie va réorganiser les conditions de travail pour éviter que cela ne se reproduise.

Harcèlement

Carine: harcèlement et placardisation pour une trop grande compétence
Le contexte : responsable de formation dans une association mutuelle, elle est harcelée sans en comprendre la raison. Peut-être a-t-elle vexé le Président ? Peut-être avait-on besoin de son poste pour quelqu’un d’autre ?
Entre mai et octobre, la thérapie lui permet de sortir de son effondrement dépressif, et de se remettre suffisamment en état pour  organiser une défense intelligente, avec l’appui de son avocat. Elle renonce à assigner l’employeur aux Prud’hommes et  négocie un licenciement profitable aux deux parties. Au début de l’année suivante, elle  est recrutée par une autre entreprise qui reconnaît ses compétences et sait les valoriser. Parallèlement, elle peut  prendre  de la distance par rapport au drame qui déstructure sa famille (maladie incurable de son mari). 

Epuisement professionnel

Clara : une perfectionniste en crise
Le contexte : cette jeune femme travaille dans un groupe financier et elle a toujours peur de se tromper, de commettre des erreurs. Cette tension permanente déborde sur sa vie de famille. Son mari et son jeune fils commencent à se plaindre.  Elle décide de  faire « quelque chose pour elle ».
Sa thérapie s’étale sur 12 mois. Elle apprend à se faire confiance, à se détendre et… même à la maison, elle « met de l’huile ». Curieusement, à la fin de l’année, sa société lui propose une promotion… qu’elle accepte. Et tout se passe bien. D’ailleurs, elle en a même oublié ses allergies saisonnières.

Séminaires de formation :

Ouverts à toute personne qui intervient sur le terrain (médecin du travail, préventeur en risque psycho social ou risques professionnels, directeur de Ressources Humaines, cadres, médiateurs, psychologue, infirmier, assistantes sociales, psychothérapeutes, etc.).

  • En partenariat avec l’Institut de Victimologie Languedoc Roussillon, à Montpellier – voir lien
  • Dans le cadre du Diplôme universitaire « préventeur en Risque Psycho Social » à l’Université Paul Valéry de Montpellier (SUFCO)

 

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Marie Laure GASSIN MASSON Psychologue Psychothérapeute Formatrice-Consultante